11/05/13

Projet radio 6° : bilan et flow

 Le projet radio 6° est donc fini. C'est l'occasion de réfléchir sur les points positifs et négatifs ou à modifier pour une prochaine année scolaire :

A modifier ?
  • Compréhension du sujet de recherche, + recherche d'informations + rédaction de l'article sur traitement de texte =  3 à 4 heures. (Certains élèves devaient illustrer leur article d'une photographie, à la demande de leur enseignant de discipline). C'est trop long.  J'aurais dû, dès le début, faire faire aux élèves un document de collecte (ce que je n'ai fait que pour deux groupes très en retard, ce qui leur a fait gagner une heure.)
  • La séance sur l'habillage antenne est l'occasion rêvée de parler des droits d'auteur. J'ai constaté que les élèves ont téléchargé des musiques sur Youtube uniquement pour le projet radio, considérant qu'ils n'avaient pas de musique chez eux (surtout en 4° et 3°, les 6° n'ont pas encore cette habitude de télécharger sur le web). J'ai donc abordé les droits d'auteur et l'utilisation de Youtube de façon improvisée à chaque séance sur l'habillage antenne . (Youtube considère que celui qui publie une œuvre en est l'auteur). Cela m'interpelle ... des élèves qui téléchargent une musique sur le web pour un cours car ils n'ont pas de musique (d'après eux) alors que leur portable en est gorgé ... les CD ne font plus partie de leur culture ... cela signifie-t-il qu'un fichier MP3 (musique numérisée) enlève toute idée d'appropriation d'une œuvre, de possession ? J'ai aussi expliqué comment moi, enseignante, j'étais obligée de ne prendre qu'un court extrait de leur musique choisie afin de respecter les droits d'auteur pour ensuite avoir le droit de diffuser leurs chroniques sur le web ... regards dubitatifs.
  • L'entraînement à la lecture à voix haute aurait nécessité plus de temps. Très peu d'élèves ont buté lors de l'enregistrement mais certaines lectures nécessitaient d'accentuer plus les mots, plus de vivacité, plus de puissance dans la voix ... 

Points négatifs ?
  • Les projets audiovisuels nécessitent beaucoup d'étapes avant d'arriver au plaisir d'écouter la production finie. Cela peut sembler aux élèves fastidieux et l'objectif final éloigné, celui-ci n'étant atteint qu'au bout de 12 séances, espacées chacune par 50 heures de cours + vacances  = 6 mois. (Ah! Si j'avais autant d'heures qu'un professeur de discipline, j'aurai pu faire le même projet en un trimestre maximum ou 3 semaines minimum ...) D'où mon questionnement sur le sens et l'efficacité de ce que nous leur apprenons avec un enseignement morcelé.
  • Les problèmes techniques : un seul mais de taille : l'alimentation de mon unité centrale n'est pas assez puissante pour alimenter mon micro (qui a une alimentation fantôme, c'est à dire sans pile ; il est uniquement alimenté par la tour). J'ai donc été obligée d'amener mon ordinateur portable à chaque enregistrement, petit ordinateur qui a une alimentation plus puissante que celui du CDI ! 
  • Le montage ... chronophage !  C'est un choix : je n'ai effectué aucun montage au CDI car je ne voyais pas comment garder un casque sur les oreilles, me concentrer sur des sons et en même temps surveiller les élèves et le niveau sonore de leurs cordes vocales. Le montage a concerné la création de l'habillage antenne, des défauts de lecture à corriger dans 10% des chroniques (à peu près), le montage chronique + habillage antenne avec écoute de toutes les chroniques finies. 
 Les points positifs ?
  • La motivation manifeste d'élèves en difficulté (dans les apprentissages ou dans leur relation avec l'autorité). Ces élèves étaient "comme les autres" dès qu'ils étaient actifs. 
  • Contrairement aux années précédentes, j'ai l'impression d'avoir été derrière chaque élève.
  • La révélation d'élèves "transparents" ou silencieux. Je pense notamment à des filles "muettes", qui ne parlaient que si je leur demandais de lire quelque chose lors des séances (elles ne discutaient pas non plus avec leurs voisines). L'enregistrement de leur chronique respective a révélé des élèves à la lecture affirmée et nuancée, bien meilleure que celle des élèves plus motivés à lire habituellement. 
  • La création de sens dans les apprentissages : j'ai trouvé du sens à mes séance d'IRD. Je pense (en fait, j'espère) avoir également apporter du sens aux apprentissages des élèves.
  • L'évaluation des compétences : j'ai réellement évalué ce qu'ils savent faire. J'ai regardé ce que faisait chaque élève durant la recherche, les requêtes de chaque groupe, les sites utilisés, leurs erreurs, le prélèvement de l'information, la création de l'article sur traitement de texte, s'ils savent imprimer, si c'est toujours le même élève qui tape le texte, qui fait la mise en page, lors de l'écoute des podcasts ... Je les ai toujours évalués lorsqu'ils étaient en situation et non pas une fois le travail fini et rendu. Ainsi, jJe sais que mon évaluation est juste (dans le sens équitable. Cette notion de justice dans l'évaluation me porte toujours soucis)
  • La dernière séance durant laquelle je fais verbaliser les élèves sur leurs étapes de la recherche d'information jusqu'à l'écoute des podcasts, m'a confortée dans mon intuition de départ : éduquer à un média peut ne pas être un objectif en soi mais permet également aux élèves d'acquérir, de façon détournée, d'autres compétences (Je donne plus de détails sur le site Docs Pour Docs) :
  1. littératie informatique : apprendre à se servir d'un ordinateur, d'un réseau, des périphériques, de logiciels ...
  2. littératie informationnelle : apprendre à rechercher l'information, à s'informer, à informer autrui ...
  3. littératie numérique : apprendre à comprendre l'information sur différents supports numérisés, à la lire, la produire ...
  4. littératie orale
     

        J'ai demandé aux élèves ... ça leur a plu (ouf ! On ne connaît jamais à l'avance la réponse à cette question. Les élèves peuvent avoir des réactions surprenantes)

       J'aime l'idée (et j'aimerais avoir la recette) que les élèves puissent apprendre avec plaisir, presque sans s'en rendre compte, pour s'étonner ensuite des connaissances et compétences acquises. Pendant tout le projet, j'ai eu en tête Mihaly Csikszentmihaly qui a réfléchi au plaisir de faire quelque chose sans en chercher de récompense. Il a ainsi défini plusieurs concepts autour du bien-être, du plaisir de faire dont celui de "autotelec". Ce concept exprime l'idée d'une activité qui constitue sa propre gratification et qui n'exige pas d'autre finalité qu'elle-même. Ce concept rejoint celui  d'"expérience optimale" ou "flow" " : motivation, perte de la notion de temps, plaisir ... Il fait référence à l’état subjectif de se sentir bien (Csikszentmihalyi & Patton, 1997). Cet état peut être ressenti dans l'enseignement, mais aussi lors de l'utilisation des TIC, lorsqu'il y a notamment "perception d’un équilibre entre ses compétences personnelles et la demande de la tâche (Csikszentmihalyi, 1975)."
J'ai tenté de faire atteindre aux élèves ce "flow"  avec le projet radio et l'idée d'être diffusé au-delà des murs du collège et de son ENT.

                Faire apprendre pour le plaisir, et ne plus entendre "c'est noté ? ".





Projet radio 6°, séance 8 : dernière séance, je retiens

                 Enfin, la dernière séance du projet radio en 6° !
Première chose : on écoute les podcasts avec l'habillage antenne (étincelles dans les yeux, la bouche un peu ouverte ... les élèves écoutent). Pour certains groupes, l'évaluation de l'oral a lieu à cette séance. Je leur rends aussi les évaluations de la recherche d'informations (le carnet de bord).


              Afin de conclure oralement et temporellement ce projet radio (c'est à dire que le passage d'un projet à un autre ne constitue pas juste une phrase de conclusion mais un temps assez long pour être mémorisé comme étant la fin d'un projet), je consacre tout le reste de la séance à la verbalisation de ce qu'on a appris durant le projet, que ce soit les compétences en littératie informatique (car oui, je leur ai appris à se servir d'un ordinateur), informationnelle, numérique, médiatique et orale.

Je leur distribue ensuite les fiches "Je retiens 6 à 9" et "Je retiens  oral/radio 10 à 12".
Nous la relisons ensemble. Chaque connaissance et compétence renvoie à la fiche-outil distribuée aux élèves au fur et à mesure des séances, un peu comme un index.






Bilan ? Et si c'était  à refaire ?  
Réponse dans le billet suivant

25/04/13

Création et publication sur Internet de podcasts créés en milieu scolaire, ai-je le droit ?

         Créer des chroniques, des livres audio en milieu scolaire ne posent aucun problème de droit d'auteur car il s'agit de productions d'élèves qui souhaitent que leurs "œuvres" soient publiés sur Internet afin que toute la famille et les amis les écoutent ou téléchargent. L'élève est l'auteur de son podcast.
Cependant, rajouter une musique, des bruitages sonores pour illustrer des propos ou pour habiller le podcast change tout. Les nouvelles technologies nous permettent de les publier en ligne et de les faire écouter au monde entier  mais il ne s'agit que de théorie car il faut penser au respect des droits d'auteur... et le "monde entier" devient vite riquiqui.

Comment respecter le droit d'auteur
  • en voulant faire écouter aux élèves des œuvres sonores pour les choisir ? 
  • en utilisant une œuvre sonore ou extrait dans le podcast ?
  • en voulant publier le podcast  + œuvre sonore ou extrait sur Internet ?

Des solutions ? 

L'exception pédagogique (accord sectoriel du 4-12-2009 , B.O  n° 5 du 4 février 2010,
Accord sur l'interprétation vivante d'œœuvres musicales, l'utilisation d'enregistrements sonores d'œoevres musicales et l'utilisation de vidéo-musiques à des fins d'illustration des activités d'enseignement et de recherche ) s'appliquent selon certaines conditions :
  1. que la finalité de l’écoute de l'œuvre soit d'illustrer le cours ou les travaux des élèves
  2. que le public soit constitué en majorité d'élèves
  3. que l’œuvre soit accompagné du nom de de l’auteur et du titre de l’œuvre
  4. que l’œuvre ait été acquise de façon licite 

L'exception de citation : conditions à respecter
  • extrait sonore d'une durée inférieure à 20 secondes (à lire, le groupe NRJ condamné en 2002 pour avoir diffusé des extraits de chanson de 30s au nom du droit de citation) ou inférieur à 16 % de la durée totale de l’œuvre.
  • doit être accompagné de la mention de l'auteur et du titre de l’œuvre (sur le site web d'où sera diffusé le podcast par exemple)
  • la citation doit revêtir un caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information
  • la citation doit être incorporée dans une œuvre autonome dite œuvre " incorporante"
  • la citation ou analyse ne doit pas dénaturer l’œuvre initiale.
 Cependant, selon les sources, les avis s'opposent pour les œuvres musicales :
NON "la jurisprudence semble tendre vers un refus de l’exception de courte citation" des œuvres musicales : la SCAM
NON "En principe, le droit de citation n’existe pas pour ces œuvres (peintures, photographies, œuvres musicales...), car sinon cela détruirait l’intégrité de l’oeuvre. C’est donc lié essentiellement à la notion de droit moral. Ainsi, contrairement à ce qui est souvent affirmé, le droit de citation musicale n’est pas permis et est combattu évidemment par la SACEM" Académie de Besançon
OUI, "c’est une exception qui s’applique à tous les domaines" portail des Universités thématiques numériques 
OUI "La citation existe surtout en matière littéraire, mais elle est en train d’évoluer : des œuvres autres que des textes comme des vidéos, du son, des images sont de plus en plus considérées comme pouvant être « citées ». Internet y est pour beaucoup et les décisions de justice rendent des décisions plus favorables à tout type d’œuvre, même si cette idée est vivement combattue. " éduscol
Sacem ? rien n'est précisé sur le site.

Elle précise les droits de paternité, d'utilisation, de partage, de modification des œuvres mises en ligne.

Œuvre tombée dans le domaine public
Soit par accord de l’auteur ou celui-ci est décédé depuis plus de 70 ans. 

Les droits d'utilisation publiés sur le site web
Les bruitages sonores, podcasts de voix ... sont publiés sur des sites web et accompagnés d'explications quant à l'utilisation légale des œuvres mises en ligne. L'utilisation de voix concerne le droit à l'image.

  
Est-ce que je peux faire écouter des musiques à mes élèves pour en choisir une ? OUI avec l'exception pédagogique, 
"Utilisation des œuvres musicales ou des enregistrements musicaux visés par l'accord dans la classe :
Sont autorisées par l'accord la représentation dans la classe, aux élèves ou aux étudiants, d'enregistrements musicaux, ainsi que la représentation dans la classe des œuvres musicales par les élèves ou étudiants.
L'accord permet les reproductions temporaires d'œuvres et enregistrements musicaux exclusivement nécessaires aux utilisations prévues au présent article.


Est-ce que je peux utiliser un ou des extraits musicaux dans un podcast ? 
Quelle peut être la durée ? OUI
Exception pédagogique
Pour les enregistrements musicaux ou les vidéo-musiques : « extraits » s'entend de l'utilisation partielle d'une œuvre, limitée à trente secondes, et en tout état de cause inférieure au dixième de la durée totale de l'œuvre intégrale. En cas d'utilisation de plusieurs extraits d'une même œuvre, la durée totale de ces extraits ne peut excéder 15 % de la durée totale de l'œuvre.
Une chanson dure en moyenne 3' soit 180 secondes. 15% de 180 secondes = 27 secondes d'où la limite des 30 secondes.

Exception de citation : durée inférieure à 20s ou 16% de la durée totale de l’oeuvre.

 
Suis-je alors l'auteur du nouveau podcast créé ? 
Le nouveau podcast créé sera une œuvre composite. L’œuvre composite ou dérivée est selon l’article L. 113-2 alinéa 2 du code de la propriété intellectuelle, " l’œuvre nouvelle à laquelle est incorporée une œuvre préexistante sans la collaboration de l’auteur de cette dernière ."  
Si un élève créé un podcast avec un extrait sonore, il est l'auteur de l’œuvre composite.


Est-ce que je peux modifier les extraits musicaux ou bruitages sonores en les montant, en les transformant, en créant des samples ... puis les ajouter au podcast ?
Tout d'abord, la modification de l’œuvre musicale porte atteinte au droit moral de l'auteur.
Le droit moral est notamment le droit au respect de l'intégrité de l'œuvre. Toute modification doit être réalisée avec l'autorisation de l'auteur.
Cependant, certains auteurs d'œuvres musicales sous licence creative commons donnent le droit de transformer leurs œuvres, de les remonter, les mixer ... sauf si vous voyez ce signe :
Exception pédagogique : OUI, il s'agit de la création d'une œuvre composite. La modification de l’œuvre doit avoir une finalité pédagogique mais l'oeuvre composite ne pourra pas être diffusée sur Internet.
Attention au montage de podcasts parlés : le droit à l'image s'applique.

            Afin d'y voir plus clair, voici une typologie des podcasts créés couramment en milieu scolaire.
Selon cette typologie, voici un tableau qui récapitule le respect des droits d'auteur selon l'usage des podcasts en milieu scolaire, dans le cas de la non-autorisation des auteurs d’œuvres sonores (musiques et autres) que vous voulez utiliser.


Le respect des droits d'auteur associé à l'apprentissage des élèves à la création d’œuvres numériques et à leur publication en ligne est complexe, il n'y a qu'à regarder la liste d'articles lus pour ce billet et imaginer les heures passées à ordonner les informations. Les podcasts sont associés à de nouveaux usages pédagogiques liés à l'apprentissage de compétences informatiques, informationnelles, numériques et médiatiques ... et citoyennes et musicales (les enseignants en éducation musicale utilisent beaucoup les podcasts d’œuvres sonores). Or, le respect des droits d'auteur appliqués aux podcasts est encore flou car Internet modifie nos pratiques et nos lois.
Cependant, sous prétexte d'enseigner, nous avons tendance à vouloir faire créer aux élèves sans nous soucier des complexités des exceptions au droit d'auteur. Est-ce un mal ? Pourquoi ne pas rêver à pouvoir faire créer nos élèves juste en ayant le soucis de leur apprendre à citer le nom de l’œuvre utilisée et de son auteur afin de respecter les droits d'auteur ? Pourquoi ne pas rêver à (apprendre) faire utiliser aux élèves uniquement des œuvres qu'ils auraient acquises volontairement de façon licite et ce quelle que soit la durée ? Pourquoi ne pas rêver de pouvoir publier sur Internet tous les travaux créés par les élèves ? Ne participons-nous pas ainsi à la démocratisation de la culture ? Au développement d'une culture numérique et citoyenne chez nos élèves ? N'est-ce pas le plus important pour la société et l'éducation de ses futurs citoyens ?


Documents utilisés pour rédiger ce billet : 
  • "Guide juridique du podcast" sous la direction scientifique de Monsieur le professeur André Lucas – Université de Nantes, Institut de recherche en droit privé (IRDP), Émilie Bouchet-Le Mappian, Sylvain Chatry et Stéphanie Le Cam – Doctorants, université de Nantes, Institut de recherche en droit privé (IRDP), septembre 2009, publié sur le site du portail des Universités numériques thématiques 
  • "Guide pratique de la baladodiffusion en langues vivantes" édité par le CNDP
  • "Accord sur l'interprétation vivante d'œoeuvres musicales, l'utilisation d'enregistrements sonores d'œœuvres musicales et l'utilisation de vidéo-musiques à des fins d'illustration des activités d'enseignement et de recherche" du 04/12/2009 paru au B.O.  n° 5 du 4 février 2010
  • "L’exception pédagogique : les nouveaux accords (BOEN n°17 du 17 février 2011), bilan" par Géraldine Baudart-Alberti, DAJ-CNDP sur Savoirs CDI 
  • "Comparaison entre les différents régimes des accords relatif à l'exception pédagogique" sur savoirs CDI
  • "Internet : faut-il admettre l'existence d'un droit de citation en matière musicale ?"  Par Yasmine Kaplun (Conseillère juridique et membre de Cyberlex) 
  • "Musique et droits d'auteur", sur le site d'Education Musicale de l'Académie de Montpellier 
  • "Mashup, remix, sample, machinima,… au risque du droit d’auteur ?" par Michèle Battisti (ADBS) sur son blog Paralipomènes


Pour la diffusion des podcasts en milieu scolaire, vous pouvez lire le billet Ecoute de podcasts en milieu scolaire et stockage, ai-je le droit ?







 

24/04/13

Ecoute de podcasts en milieu scolaire et stockage, ai-je le droit ?

         Le podcast est créé par un auteur afin qu'il soit écouté et téléchargé par des internautes. Cependant, écouter ou télécharger des podcasts met en œuvre le droit de représentation et le droit de reproduction des titulaires de droit d'auteur (auteurs, compositeurs et éditeurs) et de droits voisins (artistes-interprètes,  producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes).
Les Traités de l'OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) de 1996 sur le droit d'auteur et les droits voisins, accordent le droit exclusif de communication et le droit exclusif de mise à disposition du public pour toute transmission par fil ou sans fil de manière que chacun puisse avoir accès aux podcasts ou balados de l'endroit et au moment qu'il choisit individuellement.
Ainsi, c'est l'auteur des podcasts qui détermine les conditions d'utilisation de ses œuvres. Il doit mentionner sur son site quelles sont les conditions d'écoute et de téléchargement de ses productions sonores, qui la majorité du temps, ne sont utilisables qu'à des fins personnelles et privées.

Par exemple, Radio France, grand producteur de podcasts précisait il y a encore peu de temps sur son site internet les conditions d'utilisation de ses podcasts avec une licence d'utilisation personnelle non exclusive :
« Radio France concède à l'utilisateur des Services définis aux présentes conditions, une licence  d'utilisation des Contenus et Services personnelle et privée, non exclusive, incessible et non  transférable, révocable à tout moment par Radio France à sa seule discrétion, lui permettant  d'utiliser les Services et de 
- reproduire les Contenus uniquement sur son ordinateur et/ou baladeur numérique personnel(s) et ce pour son usage strictement personnel et privé, 
- représenter les contenus sur son ordinateur et/ou baladeur numérique à des fins strictement personnelles et privées ».

Depuis le 1er janvier 2012, voici ce qu'on peut lire : "Radio France et la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) ont signé un accord (à compter du 1er janvier 2012) permettant de donner aux émissions musicales de Radio France une nouvelle vie sur internet. Radio France et la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) ont également signé un accord (effet au 1er janvier 2012). Vous pouvez désormais écouter à la demande les nombreuses émissions musicales du groupe de manière illimitée. ainsi que les télécharger et les podcaster pendant une durée d'un an à compter de leur diffusion à la radio. Cette démarche s’inscrit également dans la lignée du travail entrepris par Radio France visant à développer son offre multimédia.  http://www.radiofrance.fr/boite-a-outils/podcast/ 

         Je propose d'envisager ici l'écoute des podcasts en milieu scolaire (téléchargés de façon licite bien sûr), soit de faire appliquer l'exception pédagogique.
Pour l'instant, l'exception pédagogique est réglementée par trois accords sectoriels qui visent l'utilisation des livres, de la musique imprimée, des publications périodiques et des œuvres des arts visuel, des œuvres cinématographiques et audiovisuelles, des oeuvres musicales, l'utilisation d’enregistrements sonores d'œuvres musicale et l'utilisation de vidéomusique... mais aucun accord quant à l'utilisation de podcasts parlés (chroniques ou émissions de radio ou webradio ou de site web, livres audio ...). Cependant, ceux-ci étant publiés sur le web, on peut vérifier les droits d'utilisation des podcasts via le site ou privilégier les podcasts sous licence libre.
Dans tous les cas, sans l'exception pédagogique, nous devons respecter le droit de représentation et de reproduction :
  • pas de diffusion d'un podcast à un public sans l'autorisation de l'auteur (= droit de représentation)
  • pas d'enregistrement sur son disque dur, clé USB, téléchargement ... à usage collectif  (= droit de reproduction) 
Sauf si l'usage des podcasts est à but pédagogique 
Sauf si les droits d'utilisation sont précisés sur le site web et vous le permettent
Sauf si les podcasts sont sous licence creative commons avec Paternité (diffusion de l’œuvre entière) :
 (= BY = Le titulaire des droits autorise toute exploitation de l’œuvre, y compris à des fins commerciales, ainsi que la création d’œuvres dérivées, dont la distribution est également autorisé sans restriction, à condition de l’attribuer à son l’auteur en citant son nom. )

 
Ainsi, ai-je le droit, grâce à l'exception pédagogique,  de faire écouter un podcast à mes élèves dans le cadre d'un cours?  OUI si c'est un extrait
  • durée de l'extrait = 15% maximum de la durée totale du podcast (j'ai pris la durée réglementaire d'un enregistrement sonore d’œuvre musicale)
  • doit avoir une finalité pédagogique
  • doit être intégrée dans un cours
  • doit avoir été acquis de façon licite
  • doit être accompagné du nom de l’auteur, du titre de l’œuvre


Ai-je le droit de stocker des podcasts dans une clé USB, un disque dur, un CD ... pour créer une base de données ? NON
Pas de constitution de base de données d'oeuvres ou d'extraits d'oeuvres.
Pourtant, un podcast est créé dans le but d'être écouté ou téléchargé, donc stocké dans une base de données ... mais pour un usage privé. (L’article L.122-5 2° du Code de la propriété intellectuelle énonce que « l’auteur ne peut interdire […] les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective […]». guide juridique du podcast)


Des documents pour approfondir :
  • Le guide juridique du podcast (septembre 2009) sous la direction scientifique de Monsieur le professeur André Lucas – Université de Nantes, Institut de recherche en droit privé (IRDP). Émilie Bouchet-Le Mappian, Sylvain Chatry et Stéphanie Le Cam – Doctorants, université de Nantes, Institut de recherche en droit privé (IRDP)
  • L'exception pédagogique via éduscol
  • L’exception pédagogique : les nouveaux accords (BOEN n°17 du 17 février 2011), bilan par Géraldine Baudart-Alberti, DAJ-CNDP, publié sur savoirs CDI.

Pour création et mise en ligne de podcasts créés en milieu scolaire, lire le billet Création et publication sur Internet de podcasts créés en milieu scolaire, ai-je le droit ?

12/04/13

Projet radio 6°, séance 7 : habiller les chroniques

                   Avant-dernière séance du projet radio en 6° : la création de l'habillage antenne.

Je leur fais écouter 2 podcasts d'habillage antenne, "jingle in" ou "jingle ouverture" ou "générique de début" ...
"allo la planète" sur le mouv'
"L'horoscope" sur Europe 1

1ère question : Quels sont les éléments verbaux communiqués ?
  • l'heure de diffusion de la chronique (quand)
  • le nom de la radio  (où)
  • le titre de la chronique  (quoi)
  • le nom du chroniqueur  (qui)

2ème question : Que peut-on dire sur la musique choisie ?
  • Il n'y a pas de voix
  • Elle est en lien avec la thématique de la chronique ("Allo la planète" = on entend des personnes qui parlent... / "horoscope" = musique douce, aérienne, bruits de vague ...)

3ème question : à quoi sert l'habillage antenne ?
  • à "habiller" la voix enregistrée de la chronique
  • à indiquer à l'auditeur la radio qu'il écoute et ce qu'il va écouter
  • à rendre "joli" (terme des élèves) pour que l'auditeur ne s'en aille pas
  • à donner envie à l'auditeur d'écouter la chronique


Mise en pratique :
On réfléchit ensemble aux éléments verbaux à enregistrer pour leur habillage antenne. Chaque groupe aura son habillage antenne propre.
  • heure de diffusion : ne connaissant pas à l'avance la grille des programmes de la radio, nous ne la disons pas.
  • nom de la radio : R d'Autan
  • titre de la chronique : chaque groupe choisit un titre, on vote si le choix est difficile.
  • le nom du chroniqueur : les 6°A du collège de ...

On enregistre les éléments verbaux :
Je demande un garçon et une fille volontaires.
Ils ont les éléments verbaux sous les yeux. J'enregistre un élève après l'autre en leur donnant le ton avant chaque élément verbal. Je leur fais répéter les mêmes mots en changeant de ton, d'intonation afin d'avoir plus de liberté ensuite lors du montage. Je leur demande aussi de sourire en parlant car le sourire s'entend et permet à la voix de gagner en rondeur et en agréabilité (oui, ce mot bizarre existe)

Le choix de la musique :
J'ai demandé à chaque groupe de venir avec une musique soit sur CD, soit sur lecteur MP3 ou clé USB. Cette phase est longue car ils ont tous une musique à proposer. Une fois qu'ils ont compris que leur choix de hard-core ou heavy métal n'est pas en relation avec des chroniques sur l'art, la musique et la littérature, on écoute celles qui peuvent correspondre ... puis on vote.


Bilan ?
Voici les voix des élèves dirigés lors de l'enregistrement de l'habillage antenne, puis le résultat final après montage et ajout de la musique (quelques secondes de "the fame" de Lady Gaga)

Création de l'habillage antenne by Podcasts et pedago

C'est une séance très tranquille, sans fiche-outil.
Elle présente cependant une difficulté : trouver des habillages antenne pertinents à télécharger.
J'ai utilisé mon scoop.it de webradios et podcasts pour avoir directement des portails de radio. 
Entre les podcasts qui sont écoutables via un player vidéo avec publicité à chaque début, 
... ceux qui ne peuvent être diffusés car le plug-in du logiciel n'est pas mis à jour or, nous travaillons sur un réseau pédagogique qui nous empêche de faire nous-même les mises à jour, 
... entre les podcasts enfin écoutables mais qui n'ont pas d'habillage antenne car les chroniques sont imbriquées dans une émission et c'est l'animateur qui communique les "éléments verbaux" , 
... entre les sites web qui sont en maintenance , 
... les problèmes de réseau internet, 
... la lenteur de débit
...
ça m'a pris un peu de temps et d'énergie.
A cela, on rajoute le fait que nous accueillons des élèves sans interruption, que pour écouter un son, il faut une certaine concentration, qu'avoir un casque sur les oreilles nous coupe de l'ambiance sonore du CDI et les élèves en profitent ... et qu'en plus, une prof-doc avec un casque, ça intrigue l'adolescent.
Cependant, ça reste une séance sympathique où les élèves sont acteurs et volontaires.

       Cette séance a également été réalisée avec des 5°, 4° et 3°: elle fonctionne également mais les élèves sont moins intéressés, comme moins concernés que les plus jeunes. Les 3°, d'habitude sûrs d'eux et bavards se sont même révélés ... timides !
Les 5° et 4° n'avaient presque pas de musiques pour faire l'habillage antenne. Pour une fois qu'on leur propose de prendre leur lecteur MP3 au collège ... Alors on les a écoutés sur youtube. Les élèves ont proposé de les télécharger ensuite chez eux car "c'est mis à disposition donc c'est pour tout le monde"...
C'est là que l'éducation aux médias s'arrête et que l'éducation à la citoyenneté commence ...

06/04/13

Projet radio 6°, séance 6 : on enregistre ! corps, esprit, plaisir

             Enfin, voici l'enregistrement des chroniques des 6°, articles tout d'abord dactylographiés pour être notés par leurs enseignants puis travaillés pour être lus à voix haute pour la radio (séance 5 ).

          Oh, honneur suprême, les élèves ont le droit de passer dans la matrice, soit derrière mon bureau. 

Lire à voix haute, c'est maîtriser son corps, son esprit et se faire plaisir.

1ère étape : le corps.
Certains élèves ont les pieds joints, d'autre la tête basse et le texte vers le sol, d'autres se balancent de droite à gauche. ..Certains ont les lèvres et les joues rigides et articulent peu.
Je leur fais mettre les jambes légèrement écartées pour être stables, la tête relevée pour voir face à eux (et donc le texte parallèle au regard) , les épaules en arrière si besoin pour que les cotes puissent bien bouger lors de l'inspiration et de l'expiration. Pour le balancement et autres signes physiques de stress, je les leur décris pour qu'ils puissent les contrôler. Cependant, ils ne sont qu'en 6° et la maîtrise du corps est encore difficile.
Quant à l'articulation, le crayon en travers de la bouche pour répéter suffit.

2ème étape : l'esprit
- madame, je n'arrive pas à dire "aluminium"
- ben si, tu viens juste de me le dire
Elève étonnée : "ah oui ?!"
Buter sur les mots est psychologique. C'est comme quand on se dit "ne pas dire à untel telle information" et quand on voit cette personne, nous n'avons qu'une envie, c'est de lui dire cette info. L'oral, c'est comme le sport. Si on commence à réfléchir à tous les obstacles difficiles, on reste sur la ligne de départ. Dans ces cas-là, je dédramatise : prendre plaisir est le plus important. Tu butes sur un mot, et après ? On recommence est c'est tout. Tu as peur ? De quoi ? Que peut-il se passer de catastrophique si tu te trompes ? C'est une question de confiance en soi, il faut avoir confiance en ce que tu fais.

3ème étape : répétition générale avant l'enregistrement
Conseils que je donne : 
  • ne pas reculer quand ils voient le micro (c'est un réflexe courant). 
  • Garder la tête haute et le texte à hauteur des yeux (et non pas en bas) pour que le micro ne les gêne pas pour le lire. 
  • A chaque fois qu'il y a un changement de voix (les textes sont souvent lus à 2 voix), lever la main un peu avant pour que je positionne le micro devant la bonne bouche. Attendre que le micro soit en position pour parler. S'il y a un silence lors du changement de position, ce n'est pas grave, je couperai.
Les élèves lisent, s'appliquent ... mais à voix basse. Ils lisent pour eux comme s'ils n'avaient pas l'habitude de lire pour être écoutés. Cette répétition sert surtout à leur faire monter " le niveau sonore" . Or, plus ils parlent fort, plus ils vont parler lentement, articuler et mettre le ton. Ils accentuent les mots important qu'ils ont soulignés. Je vois ceux qui sont en apnée ou qui ne respirent pas aux bons endroits. Je leur fais marquer alors la ponctuation orale en rouge.

4ème étape : l'enregistrement et le plaisir
Un micro, audacity et un casque ((J'avoue que le métier d'enseignant demande des fois des sacrifices. Ce jour-là, évitez le brushing et les grosses boucles d'oreilles ou alors prévoyez un petit casque pour lecteur MP3, plus discret)
Les chroniques sont courtes : 1' en moyenne. 
La motivation à ce stade du projet est évidente. Les élèves veulent être les premiers à passer au micro et ils argumentent pour me convaincre ! Eux ont été les premiers à imprimer, oui mais eux là-bas ont été les premiers que j'ai écoutés lorsqu'ils s'entrainaient sauf que les autres ont été les premiers à finir leur article écrit ...  
Les élèves fâchés avec la lecture ou la discipline se fondent dans la "masse" et ne sont plus identifiables.
Je crois que c'est la partie que je préfère le plus finalement.

5ème étape : l'évaluation
J'évalue au fur et à mesure qu'on écoute les chroniques ensemble (le début de l'heure suivante est nécessaire). Les élèves ne font pas vraiment de commentaires. Ils semblent médusés par leur voix et écoutent.
En 6°, j'attends d'eux une lecture fluide (c'est à dire pas saccadée. Se tromper sur un mot arrive à tout le monde), qui respecte la ponctuation (et donc la respiration et donc le sens du texte). J'attends d'eux qu'ils prennent du plaisir et y mettent du cœur, qu'ils soient concernés par ce qu'ils lisent. Mettre le ton est difficile en 6;  cela demande des pré-requis que la majorité n'a pas.

Bilan ?
C'est intensif. J'enchaîne les groupes les uns après les autres. Certains élèves déjà enregistrés écoutent ceux qui sont avec moi, d'autres semblent avoir besoin de "lâcher la pression" et sont bruyants entre les prises.
Il faut avouer aussi qu'utiliser les TIC entraîne un certain stress (chez moi) lié aux problèmes techniques possibles inattendus et inexpliqués : le signal sonore ne passe plus alors qu'avec la classe suivante tout fonctionnait, il y a du souffle d'un coup ... 

Les élèves comprennent l'utilité des phrases courtes, de la ponctuation orale et du soulignage des mots importants. Ils découvrent des erreurs "j'ai oublié un point", "je n'ai pas mis l'accent sur le e" ... et les rectifient d'eux-mêmes.
J'ai découvert aussi que beaucoup d'élèves ne savaient pas ce que signifie "enregistrer". Depuis le début du projet, je dis "enregistrer, enregistrement" et en fait, ils ne comprenaient pas. Pour eux, ils allaient parler en direct à la radio. Il est vrai qu'il y a très peu de situations quotidiennes où on "s'enregistre", voire même aucune.
L'année prochaine, il faudra que je leur explique le terme "enregistrement".


31/03/13

Projet radio 6°, séance 5 : reformuler pour lire à voix haute

                 Cette séance aurait pu être dans la séance 4 si celle-ci avait pu durer 2 heures. La séance 4 commence avec les fiches-outils sur le travail de la voix du journaliste et l'écriture pour l'oral, puis se finit par le début de la réécriture des articles.
La séance suivante (la 5), les élèves finissent de réécrire leur article pour l'oral (phrases courtes, mise en page aérée et sans police illisible) pour s'entraîner ensuite à lire à voix haute.


Retravailler un texte pour l'oral : reformuler, modifier, se l'approprier
          Les élèves doivent vérifier que leurs phrases ne sont pas trop longues. De ce fait, ils remarquent toutes leurs erreurs : répétitions de mots, dates aberrantes (un artiste mort avant d'être né), phrases sans verbe ou qui ne veulent rien dire, phrases copiées-collées qu'ils ne comprennent pas.
L'oral nécessite des phrases. 
  • Premier étonnement des élèves : supprimer les illustrations. 
  • Deuxième étonnement :  transformer en phrases des mots juxtaposés, transformer en mots certaines ponctuations comme ":" et "; " (exemple = "Antoine de St Exupéry : ses oeuvres" peuvent devenir "Antoine de St Exupéry a écrit ....") 
  • Troisième étonnement : le copier-coller ne passe pas !  Ils ne comprennent pas ce qu'ils lisent, se rendent compte qu'ils n'ont copié qu'une partie qui n'a aucun sens sans l'autre partie. La reformulation est indispensable ... et ils en prennent conscience.

Rédaction de l'introduction et de la conclusion
          Après le travail sur le texte, je leur demande de rédiger une introduction simple et une conclusion très courte (la signature de l'information). Leur article écrit est en fait une production très scolaire avec une présentation type demandée par tous les enseignants : prénom, nom, classe, titre de leur sujet de recherche puis texte présentant les résultats de la recherche avec citation des sources, et, pour certains sujets, illustration.




La signature de l'information communiquée permet de placer les élèves en tant que sources de l'information qui sera diffusée via le média radio (source au sens journalistique du terme). (Dans cette séance, je ne rentre pas dans les détails car ils sont en 6° mais cela peut permettre, pour des élèves plus âgés, de comprendre que toute information a une source, et qu'eux-mêmes deviennent sources à partir du moment où ils communiquent l'information via un média).
Signature = les sources de l'information et la station qui diffuse l'information
"C'était B et A, pour radio XYZ"
"La signature d’une information désigne le nom de la source (auteur) de l’information qui nous est donnée à lire, à écouter ou à regarder, les membres de l’équipe des personnes, parfois nombreuses, qui ont participé à sa diffusion et l’entreprise médiatique qui la diffuse." *

Ce travail écrit est une phase importante avant la lecture à voix haute. Retravailler, reformuler, modifier, réfléchir sur les mots, le sens permet au élèves de s'approprier le texte.

Des conseils pour lire à voix haute
        Lorsque tout le monde a fini, la fiche-outil "Je sais lire à voix haute" est distribuée. Il s'agit de la formalisation de tout ce qui a été vu en séance 4 sur le travail de la voix de la journaliste de France Inter.
Je demande aux élèves de lire le document à voix haute mais sans que ce soit une lecture scolaire : ne pas baisser la voix à chaque point mais uniquement au dernier point du paragraphe, mettre le ton ... Je lis pour leur faire écouter un exemple, ça les amuse ... et ça les entraîne sans qu'ils ne s'en rendent compte. Hier (hier par rapport à aujourd'hui où j'écris ces mots qui sera peut-être 3 jours après ...), une élève a lu la partie "articulation" avec une voix digne de la SNCF. Cette élève est pourtant dans un groupe de soutien en français à cause de ses problèmes de compréhension et de lecture. Cela a ensoleillé ma journée.

Le verso de la fiche liste les items du socle commun que je vais évaluer lorsque j'écouterai avec eux le résultat final des podcasts.
Entraînement
          Ensuite, les élèves se mettent par groupe de travail (2 élèves en moyenne) dans tous les coins du CDI pour s'entraîner. Chaque élève a l'article modifié pour l'oral sous les yeux. Ils doivent se partager la lecture, souligner au crayon à papier les mots importants à accentuer (en référence à la séance 4 sur l'accentuation des mots). Je passe d'un groupe à l'autre pour les écouter. Je fais marquer la ponctuation orale pour les élèves qui ont du mal à respecter la ponctuation écrite.
Les textes sont courts pour que l'exercice soit efficace. Je trouve qu'un texte de 10 lignes est trop long : trop long pour s'entraîner, trop long pour corriger efficacement toutes les erreurs, trop long pour enregistrer, trop long pour écouter. Les élèves se lassent.
Le travail de préparation est donc assez rapide.
Je leur donne le "truc" pour articuler : le crayon en travers de la bouche pour forcer sur les muscles des joues liés à l'articulation (dont le fameux zygomatique).


Bilan ?
         Cette séance est laborieuse à démarrer. Je dois rappeler ce qu'on a fait la séance précédente, il y a deux semaines soit 50 heures de cours avant. Dans l'idéal, cette séance aurait du être réalisée en continuité avec la précédente. Je dois ré-expliquer pourquoi il faut faire des phrases courtes, pourquoi il faut retravailler les textes, enlever les images, faire des phrases là où il n'y a que des juxtapositions de mots  
Supprimer l'image leur est difficile ... on leur a demandé d'en mettre une et voilà que maintenant, je leur demande de la supprimer !  Je les rassure en leur faisant enregistrer le texte pour l'oral sous un autre nom (nom2.odt). Ainsi, ils savent que leur travail pour les enseignants est toujours intact. Les articles ont été donnés aux enseignants concernés et vont être soit notés, soit évalués via le socle commun.
Une fois que les élèves sont rassurés, la réécriture commence véritablement.


* Pour aller plus loin sur la notion de source et de producteur de l'information, ce dossier du Centre de Ressources en Éducation aux Médias du Québec, CREM.